Histoire

Le territoire de l'actuelle République tchèque est habité par des humains depuis la Préhistoire : des objets datant de l'âge de pierre ont été trouvés lors de fouilles. Les Celtes s'y implantent  en 3000 ans avant Jésus Christus. Une des tribus Celte, les Boïens donnent le nom à ce pays. Plus tard, les Romains arrivent en Moravie. Dès le premier millénaire ce sont les tribus germanique qui s'installent sur le territoire.

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Les Tchèques arrivent en Bohême au moment des grandes invasionssans doute au vie siècle, menés par un chef du clan mythique du nom Čech qui a donné le nom à son peuple et à la langue parlée. Selon la légende, Čech et ses frères Lech et Rus vivent dans les terres croates du nord (dans l'actuelle Pologne orientale). Les guerres deviennent de plus en plus fréquentes. Un jour, ils décident de quitter ces troubles. Ils réunissent leurs clans respectifs et partent vers l'ouest. Ils marchent longtemps à travers des profondes forêts et marais. Ils doivent affronter quelques autochtones, qui leur bloquent vaillamment la route. Les gens sont épuisés et commencent à se plaindre. Čech montre une grande montagne qui nomme Říp et les invite à se reposer à son flanc. Le second jour Čech gravit Říp, et voit des forêts,des plaines et  rivières. Il annonce ce qu'il avait vu. Ils décident de rester dans ce pays et le nomment selon le nom de leur chef : TchéquieČech remercie son peuple, s'agenouille, embrasse le terre et la bénit. Les Tchèques commencent à labourer les champs, à créer des villages et à vivre en clans. Lech et Rus cependant décident de quitter ce pays. Ils partent plus loin à l'Est avec leurs clans. Ainsi Lech fonde la Pologne (aussi appelée poétiquement Lechia), Rus la Ruthénie (aujourd'hui Ukraine), et Čech la Tchéquie. Après 30 ans de vie heureuse dans ce pays, Čech, âgé de 86 ans meurt. Le peuple le pleure et l' immole sur un bûcher. Le chef de la tribu tchèque devient Croc de Bohême.

Au 7ème siècle les tribus slaves s'associent à Samo, un marchand franc pour se protéger contre des Avars. Samo reste en tant que prince à la tête des tribus slaves pendant 35 ans ; il est précurseur de la Grande MoravieSon état disparait avec sa mort en 659.

Au 9ème siècle c'est la création de l'empire de la Grande Moravie par  le prince Mojmír.  Son successeur le prince Rastislav, déjà converti au christianisme, mandate  une délégation auprès de l'empereur byzantin avec la demande  d'envoyer des prêtres slaves afin d' évangéliser la Moravie. L'empereur a donné suite à cette demande et a envoyé en 863 deux missionnaires Cyrille (Konstantin) et Méthode. Cyrille et Méthode maitrisant la langue slave inventent le premier alphabet slave glagolitique. Ils traduisent ensuite plusieurs livres liturgiques nécessaires pour les offices. Mais le pape Adrien II leur reproche d'utiliser la langue slave lors des offices alors  que seulement trois langues sont permises :l'   hébreux,le grecque et le latin. Cyrille lui répond« Est-ce que la pluie ne tombe pas, envoyée par Dieu, également sur tout le monde? Est-ce que le soleil ne jette pas sa lumière de la même façon sur tout le monde? Est-ce que nous ne respirons pas l'air tous de la même façon? N'avez-vous pas honte de ne fixer que trois langues et condamner les autres peuples et nations dans l'aveuglement et la surdité ? Vous faites ainsi de Dieu un impotent qui ne peut pas faire cela ou un envieux qui ne le veut pas? Nous connaissons de nombreux peuples qui connaissent l'écriture et qui louent Dieu, chacun dans sa propre langue. Si vous ne voulez pas le comprendre par cet argument, apprenez le jugement de l'Écriture". Adrien II n'a d'autre choix que d'accepter les offices en slave.

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Méthode baptise aussi Bořivoj de la dynastie Přemyslle premier prince de Bohême historiquement prouvé.

Au début du 10ème siècle la Moravie est envahie par les Hongrois. La Bohême est dirigée par la dynastie Přemysl.  C'est de cette époque que nous possédons les premiers textes écrits. Bořivoj avec sa femme Ludmila construisent de nombreux édifices religieux et poursuivent l'évangélisation.

En 924 arrive sur le trône fils de Vratislav, et petit fils de Bořivoj et de Ludmila, le prince Venceslas (Václav) (907 - 929 ou 935) qui devient le saint patron de la Bohême. Celui-ci préfère la paix à la guerre, il aide les pauvres, les prisonniers et les esclaves, cultive avec ses mains le vin et le blé pour la communion,  et vit selon la parole des Evangiles. Cela  déplaît à sa mère païenne Drahomíra ainsi qu'à son fils Boleslav qui 'assassine son frère Venceslas le 28 septembre 929 ou 935. La seconde date est plus probable.Venceslas a été béatifié du fait de sa vie exemplaire ainsi que pour ses nombreux miracles. 

La dynastie Přemysl prend fin avec assassinat de Venceslas III en 1306. Il ne reste plus que 3 dernières descendantes :AnnaMarkéta et EliškaLa dernière épouse en 1310 le fils d'Henri VII et de Marguerite de Brabant Jean de Luxembourg (1296 - 1346) qui devient le roi de la Bohême.  Eliška donne à Jean de Luxembourg plusieurs enfants dont le fils Charles IV (1316 - 1378). Charles baptisé Venceslas est né en Bohême, son père, Jean de Luxembourg, en conflit ouvert avec sa mère, Eliška, décide de soustraire son jeune fils à l'influence maternelle : tout d'abord éloigné au château fort de Křivoklát , il est ensuite envoyé parfaire son éducation chevaleresque à la cour de son parrain Charles IV de France où il arrive le 4 avril 1323. Son enseignant est Pierre Roger de Rosières future pape Klement VICharles IV succède en 1347 à son père décédé 26 août 1346 lors de la bataille de Crécy.  De par sa mère EliškaCharles IV a des origines paysannes et il en est fier. Le fondateur de la dynastie Přemysl fut un laboureur. Celui-ci, appelé par Libuše, la fille de Croc de Bohême, pour qu'il l'épouse, arrive au  château de Vyšehrad chaussé des sandales en liber et avec  une besace sur l'épaule. Ces objets se trouvent toujours conservés à Vyšehrad.  Pour ne pas oublier son origine modeste il chausse ces sandales, prend la besace et part à pied de Vyšehrad au château de Prague, où il est le 2 septembre 1347 couronné roi de Bohême. Cette coutume n'a jamais été observée par ses successeurs. Pendant son règne la Bohême connaît la grande prospérité et le développement. En 1355 il est élu l'Empereur du Saint Empire romain germaniqueet Prague devient la capitale de l'Empire. C'est Charles IV qui fait construire à Prague le célèbre pont Charles, fonde l'université de Prague, et Nové Město (Nouvelle Ville).

Il décède le 29 novembre 1378. Son fils Venceslas IV le succède sur le trône de Bohême et du Saint Empire romain germaniqueVenceslas IV confie l'administration du pays à la petite noblesse. Il préfère les beuveries et la chasse à ses devoirs de monarque ce qui provoque rapidement des conflits avec l'aristocratie et l'archevêque de Prague Jan de JenštejnIl est fait à deux reprises prisonnier; en 1394 par l'union seigneuriale et en 1402 à Vienne par son frère Zikmund (Sigismond). Son retour sur le trône s'accompagne de nouvelles concessions à la noblesse qui en est la véritable bénéficiaire.

C'est à cette époque, marquée par la papauté d'Avignon et l'anarchie régnante dans le Saint Empireque commence l'histoire du mouvement hussite.

Le mouvement des Hussites (1402-1485) fondé par Jan Hus théologien, universitaire et réformateur religieux, est d'abord spirituel, social mais aussi nationaliste. Le fondateur du mouvement rejette d'abord  en tant que recteur de l'Université de Charles les écrits de John Wyclif. Ensuite  l'examinant son enseignement, il le  défend et lutte contre les abus de l'Eglise catholique et particulièrement contre la vente des indulgences et pour la communion sous deux espèces (pain et vin). Ses prêches influencent  profondément les thèses de Martin Luther et de Jean Calvin. Excommunié en 1411 par Grégoire XIIJan Hus est convoqué  en 1414  au concile de Constance, où il s'y rend avec l'intention de défendre ses thèses. A Constance il est emprisonné et sera condamné comme hérétique; il est brûlé vif le 6 juillet 1415. Jan Hus est mort, mais son enseignement reste vivant. Dans toute la Bohême, et à Prague particulièrement, ce grand prêtre et intellectuel a beaucoup d'adeptes. Le peuple le vénère . Toute la noblesse et le peuple tchèque résistent à Rome. La situation se solde le 30 juillet 1419 par la défenestration des échevins catholiques à la mairie de Nové Město. Le roi Venceslas IV, favorable aux Hussites meurt le 16 août d'une crise. Il est succédé par son demi frère Zikmund (Sigismond). C'est le dernier roi issu de la dynastie de Luxembourg. La révolution contre les Allemands et contre Rome vient juste de commencer. Les Hussites résistent et écrasent pendant 15 ans les croisés de toute l'Europe largement supérieures en nombre et en équipement. Grâce à la trahison, ils sont finalement vaincus lors de la bataille de Lipany en 1434.

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Zikmund décède en 1437. Le pays est gouverné par Albert de Habsbourget puis par Ladislav de Habsbourg dit le Posthume. A sa mort en 1458 la diète tchèque élit Jiří z Poděbrad (Georges de Poděbrady) le roi de Bohême et la couronne revient pour quelques années aux Tchèques.  Proche des Hussites, il se révèle également l'homme du compromis entre les Hussites et les Catholiques. A sa mort prématurée, en 1471 par empoisonnement, la couronne passe à la dynastie lituano - polonaise de Jagellon et en 1526 aux Habsbourg.  

Lors du règne de Rudolphe II (1552 - 1612) Prague est redevenue  la capitale du Saint Empire romain germanique. Cet atypique roi introverti, mélancolique, médiocre politicien, piètre combattant, admirateur de la vie et des femmes, protecteur des arts et des sciences, est malgré son attachement au catholicisme l'auteur d'un décret en 1609 garantissant la liberté religieuse aux Hussites et aux   Protestants majoritaires en Bohême.  Il attire de nombreux artistes, alchimistes, astronomes et autres scientifiques à PragueRudolphe II est à l'origine de très grandes collections des arts (une grande partie de ses collections a été emportée par les Suédois pendant la guerre de 30 ans). Il est destitué en 1611 par son frère Matthias Ier. En janvier 1612 Rudolphe II meurt. Matthias Ier quitte Prague et s'installe à Vienne  qui redevient la capitale de l'Empire. N'ayant pas de descendance il choisit son cousin Ferdinand II comme successeur. Ferdinand II est un monarque absolutiste, et farouche adversaire du protestantisme. Il entreprend en Bohême une recatholisation forcée. La répression des Protestants dégénère le 23 mai 1618 par la défénestration de deux gouverneurs et de leur clerc. C'est le début de l'insurrection des nobles de la Bohême et de l'éclatement de la guerre de Trente Ans. En 1619, les Tchèques votent une nouvelle Constitution, la Couronne de Bohême se divise en confédération de 5 républiques. La nouvelle Constitution a permis l' égalité des pays voisins avec le royaume de Bohême.  Cette confédération devait être représentée par le roi élu et non nommé. En conformité avec la constitution Ferdinand II est destitué et l'assemblée élit comme nouveau roi le calviniste Fridrich Falcký (Frédéric V). Les insurgés résistent aussi militairement en ne sont vaincus qu'en 1620 lors de la bataille de la Montagne Blanche le 8 novembre 1620. Les Tchèques sont écrasés par l'armée du Saint Empire plus nombreuses et mieux équipée. La liberté religieuse est supprimée, l'armée de l'empereur occupe Prague, le nouveau roi Fridrich Falcký s'enfuit. La défaite des armées tchèques marque la mise sous tutelle définitive du royaume de Bohême aux Habsbourg. Les Tchèques sont obligés d'accepter Ferdinand II comme souverain.La noblesse tchèque (largement protestante) est décimée, ses propriétés réparties entre les généraux vainqueurs. Le 21 juin 1621 Ferdinand II fait torturer et exécuter sur la place de la Vieille Ville 27 seigneurs tchèques. La Bohême, à 90 % protestante, est alors massivement convertie de force au catholicisme dans le mouvement de la Contre-réforme, lequel aura pour conséquence la construction d'églises baroques et  de monastères. Parallèlement à la Contre-réforme commence la germanisation de la société.

Il faudra attendre 300 ans pour que la Bohême devienne à nouveau indépendante.

Mais la première lueur viendra de l'empereur Joseph II, fils de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche et de François du Saint-EmpireJoseph II (1741 - 1790)  baptisé par un historien "d'empereur révolutionnaire , publie plus de 6000 décrets et 11000 lois en 10 ans dans tous les domaines. Parmi ces réformes il y a une tolérance à l'égard des chrétiens non catholiques, l'abolition du servage et des monopoles de vente seigneuriaux, la possibilité du rachat des corvées, l'accession à la propriété des paysans en tenure et l'institution d'un impôt pour tous les propriétaires sans exceptions et assis sur un cadastre général. Joseph II entreprend donc de supprimer les privilèges de la noblesse et du clergé. Il a pratiquement supprimé la peine de mort, amélioré la situation des Juifs. Plusieurs dizaines de milliers de Tchèques quittent l'Eglise catholique pour l'Eglise protestante.Après une longue période de domination autrichienne, la nationalité tchèque n'existait plus qu'au travers de la perpétuation de la langue et de la culture tchèques à la campagne.C'est le début du renouveau tchèque.

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En réaction, à  la Révolution française et surtout à partir du Printemps des Révolutions de 1848, une renaissance nationale tchèque prend forme. La langue tchèque est purifiée des germanismes qu'elle avait naturellement adoptés tout au long de la coexistence avec la minorité allemande. Il faut faire revivre la langue tchèque, créer un vocabulaire scientifique, une classe d'intellectuels, soutenir la culture tchèque, les sciences, les arts, et aussi l'industrie tchèque, la tâche est difficile. Les Tchèques exigent l'égalité des droits de la langue tchèque avec ceux de la langue allemande, la reconnaissance institutionnelle, l'égalité nationale, des droits civiques et une large décentralisation. Un professorat tchèque est progressivement mis en place et en 1863, sur les 187 cours donnés, 22 le sont en tchèque ; le reste l'étant en allemand. En 1882, suivant la pression de la bourgeoisie tchèque montante et du renforcement du sentiment national, l'université est divisée en deux entités, l'une tchèque, l'autre allemande, totalement indépendantes l'une de l'autre.L'industrie se développe et la Bohême devient le bassin industriel de l'Empire austro-hongrois. Le développement industriel et commercial se reflète dans celui de l'éducation, de la culture et du sentiment (voir ressentiment) national tchèque. Le 18 novembre 1883 ouvre le Théâtre national tchèque avec l'opéra Libuše de Bedřich Smetana.

Au fil du temps, les relations entre les Tchèques et les Allemands ainsi que la monarchie austro-hongroise se détériorèrent de plus en plus. Les Allemands représentaient environ un tiers de la population en Bohême et en Moravie.

En 1914, la première guerre mondiale éclate. Les Tchèques et les Slovaques sont obligés de servir sous le drapeau de l'Empire austro-hongrois. 1,4 million de soldats tchèques et 400 000 soldats slovaques combattent dans l'armé de l'Empire. Mais il y a des déserteurs. Ils forment les légions :  40 000 soldats en Russie, 9600 soldats en France. En 1918, l'Empire est vaincu.

30 juin 1918 à Darney dans les Vosges, 6000 soldats de l'armée tchécoslovaque en présence du président français Raymond Poincaré et du docteur Edvard Beneš (le future ministre des Affaires Etrangères, Premier ministre et puis président de la République) prêtent le serment à la TchécoslovaquieRaymond Poincaré  remet officiellement le drapeau tchécoslovaque à l'armée. La France est le premier pays à reconnaître officiellement l'Etat tchécoslovaque.

Le 28 octobre 1918 la création de l'Etat tchécoslovaque indépendant est officiellement proclamé. Tomáš Masaryk devient le président de la République, Karel Kramář le premier ministre, Edvard Beneš le ministre des Affaires Etrangères et le Slovaque Milan Rastislav Štefánik le Ministre de Guerre.

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Tchécoslovaquie devient entre les deux guerres un pays puissant économiquement et aussi militairement. Les relations avec la France sont excellentes. 25 janvier 1924 de l'initiative d'Edvard Beneš la Tchécoslovaquie signe un traité avec la France de protection, d'indépendance et d''intégrité de la république en cas d'une attaque notamment de l'Allemagne ou de l'Hongrie. Le président Raymond Poincaré écrit à Edvard Beneš« Il est entendu que par l’application de l’article 2 du Traité d’alliance en date d’hier, les États-majors généraux des deux pays continueront de maintenir et de resserrer d’une manière constante leur entente dans le même esprit et pour la même fin, tant en ce qui concerne l’établissement de plans concertés pour parer à une agression dirigée contre l’un des deux pays par un ennemi commun, qu’en ce qui touche l’étude des moyens respectifs d’assistance envisagés plus haut.»

Avec l'arrivée d'Hitler au pouvoir les tensions entre la minorité Allemande vivant en Tchécoslovaquie et les Tchèques monte. Hitler a peur de la Tchécoslovaquie et demande la rétrocession des Sudètes. Et il l'obtient par la haute trahison de la France et de l'Angleterre lors des  Accords de Munich le 29 et 30 septembre 1938. Édouard Daladier avec Neville Chamberlain cèdent les Sudètes à Hitler. La France abandonne la Tchécoslovaquie avec laquelle elle avait passé des accords pour garantir ses frontières. En France, les Accords de Munich font consensus. La majorité des hommes politiques sont « munichois », les « antimunichois » sont dispersés sur « l'échiquier politique ». La droite modérée (sauf le député Henry de Kérillis) et la gauche (SFIO et les radicaux) approuvent (sauf Jean Bouhey, député SFIO de la Côte d'Or; Léon Blum, quant à lui, est partagé entre «un lâche soulagement et la honte») la signature par le radical-socialiste Édouard Daladier, président du Conseil. Seuls les communistes votent contre la ratification des accords à l'assemblée, ce qui provoque la fin officielle du Front populaire, lequel n'existait déjà plus dans les faits : Daladier rompt avec les communistes.Winston Churchil ldéclare dans leTimes du 7 novembre 1938 :« Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre ».L'occupation des territoires sudètes a pour conséquence l'expulsion des habitants tchèques de ces régions. Selon les sources, entre 150 000 et 250 000 Tchèques quittent les territoires accordés à l'Allemagne. Selon des Accords de Munich la Pologne aussi envahit la Silésie. En quelques jours lTchécoslovaquie perd presque 5 millions d'habitants ainsi que ses défenses militaires. L'équivalent de la ligne Maginot construite en grande partie aux marges des sudètes,  se retrouve désormais aux mains du Reich. Sans cette ligne de défense, l'indépendance du pays est plus théorique que réelle ; elle dépend entièrement du bon vouloir nazi et des puissances occidentales qui ont garanti ses frontières lors des Accords de Munich. Il est incontestable que sans cette trahison le cours de la seconde guerre mondiale aurait pris une autre tournure. La désillusion des Tchèques vis-à-vis des alliés est immense et s'exprime brutalement dans la Presse, sous les expressions redondantes : «la trahison de l'Ouest », « sur nous et sans nous », «la trahison de Munich »ou encore«la trahison des alliés ».

En mars 1939, les armées du Reich, violant délibérément les accords passés six mois plus tôt, à Munich, envahissent et occupent le reste de la Bohême et de la Moravie en y établissant le Protectorat de Bohême-Moraviealors que la Slovaquie devient un État « indépendant », contrôlé par le Reich allemand, sous la houlette de MgrTiso. Avec l'envahissement du pays les Allemands s'accaparent aussi de l'industrie d'armement et en prime des chars tchèques largement suppérieurs aux chars allemands. De surcroit la Hongrie annexée à la Ruthénie (l'Ukraine subcarpatique) appartiennent à la Tchécoslovaquie. Malgré l'alliance de  l'Allemagne nazi, beaucoup de Slovaques envoyés sur le front de l'Est désertent et rejoignent  l'Armée  rouge. Le 29 août 1944 éclate lsoulèvement national slovaque pour protester contre l'entrée de la Wehrmacht sur le territoire national. Les unités allemandes battent les insurgés dans la nuit du 27 au 28 octobre 1944, et une partie des combattants rejoint la résistance. Le 6 octobre l'armée tchécoslovaque avec lArmée rouge traversent la frontière slovaque. La libération de la Tchécoslovaquie commence. L'Armée rouge avance jusqu'à la Bohême de l'ouest. L'armée américaine s'arrête en conformité avec la Conférence de Yalta à Pilsen. L'écrasante victoire des alliés contre l'Allemagne nazi rend la liberté au peuple tchécoslovaque.l'exception des combattants antifascistes, lTchécoslovaquie expulse entre 1945 et 1947, trois millions de ses ressortissants allemands, soutenant le régime nazi ainsi que le parti allemand pronazi de Konrad Henlein. Les frontières d'avant 1938 sont rétablies, mais pas dans leurs intégralités. L'Union Soviétique annexe en 1945 l'Ukraine subcarpatique appartenant à la Tchécoslovaquie

Edvard Beneš reprend sa fonction de président de la République. En 1948 les communistes prennent le pouvoir et Klement Gottwald succède à Edvard Beneš dans ces fonctions. Les Tchèques et Slovaques fêtent la victoire du parti communiste. Malheureusement la désillusion est rapide, Klement Gottwald sous les ordres de Staline instaure un régime de terreur et de procès. Ce sont surtout des communistes de première heure ou des opposants démocratiques qui sont principalement visés, les condamnations à mort ou aux longues peines s'enchainent. Klement Gottwald prend froid lors des funérailles de Staline le 9 mars 1953 et décède quelques jours plus tard. Avec l'arrivé de Nikita Khrouchtchev qui remplace Staline et d'Antonín Zápotocký à la fonction du président en Tchécoslovaquie la situation dans le pays se détend un peuAntonín Zápotocký meurt d'une crise cardiaque le 13 novembre 1957. Il est remplacé par le piètre Antonín Novotný. Fidel Castro dira de lui qu’il s’agit « d'un cas clinique de médiocrité ».

Le 5 janvier 1968 Alexandre Dubček devient le Premier secrétaire du Parti communiste tchécoslovaque. Le 30 mars Général Ludvík Svoboda succède à Antonín Novotný dans la fonction du Président de la république. C'est le Le Printemps de PragueAlexandreDubček introduit la liberté de la presse, de l’expression et de la circulation et enclenche une décentralisation de l’économie. Il dote le pays d'une nouvelle constitution qui reconnaît l'égalité des nations tchèque et slovaque au sein d'une république désormais fédérale.Cette innovation politique sera la seule à survivre à l’intervention soviétique. Le 21 août de la même année la Tchécoslovaquie est envahie par les armées "frères" du Pacte de Varsovie à l'exception de celle de la Roumanie. Les réformes sont annihilées. L'armée de l'Union Soviétique restera dans le pays jusqu'à 1990. Au mois d'avril 1969 Tchécoslovaquie bat lors de championnat de hockey sur glace, en deux reprises, son viscéral ennemi, qui est devenu l'Union Soviétique. C'est une revanche contre les occupants.  Ces deux victoires provoquent des énormes manifestations de joie avec  chants péjoratifs et ridiculisant les russes. Mais il y aussi quelques dérapages, surtout à Prague, des bâtiments officiels russes, Aeroflot en particulier, sont mis à sac. Les dégâts sur ces édifices sont énormes. Kremlin profite de la situation pour faire destituer AlexandreDubček de son poste d ePremier secrétaire du Parti communiste. A sa place est nomme Gustáv Husák. Les autres ministres du Printemps de Prague sont aussi limogés et remplacés par des vassaux du Kremlin. Le nouveau chef du Parti communiste entame une procédure de Normalisation. Les nombreuses personnes impliquées lors du Printemps de Prague ou refusant publiquement d'abjurer le désaccord avec l'occupation du pays sont licenciées. Du l'ancien gouvernement ne reste que le Président Ludvík Svoboda qui démissionne de ses fonctions pour des raisons de santé en 1975 et décédera en 1979. Le nouveau Président de la république devient le très impopulaire Gustáv Husák, son nom signifie en français un jars, le mâle de l'oie. Selon une légende, Fidel Castro l'aurait présenté à Reagan en lui disant «Ronald, je vous présente Donald». L'ironie de l'histoire est que Gustáv Husák, ce combattant anticlérical, se confessera avant sa mort en 1991 à un prêtre.

Pendant les années du socialisme la vie n'est pas facile: des difficultés pour voyager hors des pays de l'Est, moins de marchandises; il manque surtout des produits de haute technologie mais pas de vivres. Personne ne souffre de faim, tout le monde  a un salaire, peut partir en vacances (au moins dans les maisons syndicales), les soins médicaux sont gratuits, les logements, le transport, la culture, l'enseignement et d'autres choses sont subventionnés ou ne coûtent pas cher. La Révolution de Velours amènera beaucoup de changement. Pour les uns positifs, pour les autres négatifs.

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1989 est une année qui marque à jamais l'Europe entière. Le mur de Berlin est démonté, tous les gouvernements des pays de l'Est tombent. En Tchécoslovaquie  la Révolution de Velours réveille un grand espoir pour les Tchèques et SlovaquesMalheureusement, beaucoup parmi eux désenchantent rapidement. Václav Havel, la figure de l'opposition tchécoslovaque, devient le Président et Václav Klaus le Premier ministre. Klaus fonde en 1991 ODS (Parti démocratique civique), et pendant la même époque Vladimír Mečiar crée le HZDS (Parti populaire) en Slovaquie. En juin 1992, l'ODS gagne les élections en Tchéquie alors qu'en Slovaquie c'est le parti nationaliste HZDS de VladimíMečiar qui en sort le vainqueur. Václav Klaus devient le chef du gouvernement tchèque et Vladimír Mečiar chef du gouvernement slovaque. La République fédérale tchèque et slovaque ne survit pas aux divergences politiques. Les deux chefs de gouvernements s'accordent, sans consultation populaire, sur la fin de la Fédération et sur le partage de ses avoirs. Klaus et Mečiar créent un gouvernement fédéral provisoire chargé de diviser le pays. La séparation est officielle au 1er janvier 1993. Václav Havel opposé à la division de la Tchécoslovaquie démissionne mais redeviendra ensuite le Président de la République tchèque. Les gouvernements de Klaus et Mečiar justifient la séparation de République fédérale tchèque et slovaque par des divergences historiques, politiques et économiques. C'est un pur mensonge. Préparée, d'une manière totalitaire, la séparation des Républiques tchèque et slovaque est une formalité négociée dès l'issue des premières élections démocratiques entre les deux premiers ministres Václav Klaus et Vladimír Mečiar, avides d'un pouvoir absolu.  Les actifs et les dettes de l'État fédéral sont divisés selon des règles simples : soit en fonction de leur localisation géographique (en Tchéquie ou en Slovaquie), soit en fonction du ratio 2/3 (pour la partie tchèque) 1/3 (pour la partie slovaque).

Actuellement le chômage avoisine en République tchèque les 8 % et 14 % en Slovaquie. 1 habitant sur 5 vit dans la pauvreté en République tchèque selon le journal MF Dnes du 12 novembre 2013. En Slovaquie la pauvreté est évaluée par l'Office des statistiques à 13% (publié dans le journal aktuality.sk du 11 juillet 2014). Mais le nombre est certainement sous-évalué, le journal čas.sk du 18 décembre 2012 indique qu'un tiers de la population rencontre des graves problèmes économiques. La pauvreté touche dans les deux pays surtout les personnes au chômage, les retraités, des travailleurs non ou peu qualifiés. La politique ultra libérale avec la privatisation et la destruction de l'industrie tchécoslovaque en est la première cause. La mafia est bien installée, les affaires politico financières secouent tous les gouvernements successifs.  

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